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OISEAUX ET CLIMATS 2011-2012

Les interactions entre oiseaux et climat


SOS Oiseaux des Jardins

SOS oiseaux des jardins !

La faim dans le jardin ...


Message édité par Natuurpunt studie le Jeudi  15 Novembre  2012

Texte: Koen Leysen & Gerald Driessens

Traduction libre et adaptation : Jacques Schwers

 

Ces derniers jours, sur le site de Natuurpunt (le pendant néerlandophone de Natagora), il y a de plus en plus de messages d'amoureux de la nature désespérés, qui nourrissent les oiseaux dans les jardins.  Ils sont surpris par ce qui se passe quand ils distribuent  les premières graines et semences et qu’ils accrochent les premières boules de graisse.

Leurs jardins sont, pour l’instant, envahis par les oiseaux affamés.

Les dernières semaines,  leur attention a été attirée par un grand nombre de Pinsons des arbres et de Pinsons du Nord en migration,  de Mésanges charbonnières et de Mésanges bleues.  Actuellement, ils observent aussi des Merles noirs et des Roitelets huppés.  Un grand nombre d’oiseaux est déjà parti, mais il ya encore beaucoup de retardataires, qui vivent un moment difficile.  Ils viennent tous chercher de la nourriture.  Beaucoup de nourriture!  Les ressources naturelles, déjà maigres, diminuent sensiblement.

Nous pouvons les aider avec des graines et les fruits (comme des pommes) à remplir d’urgence les petits estomacs affamés.

 

  


Les gens commencent souvent à nourrir les oiseaux des jardins quand l'hiver frappe fort.  Mais c'est vraiment trop tard.  Les oiseaux choisissent dès maintenant leurs lieux d'hivernage.  Il est donc conseillé, dès le mois de Novembre, de commencer le nourrissage et le poursuivre durant tout l’hiver.


Le manque de graines d'arbres et d’arbustes cette année sur de grandes parties de l'Europe a déjà été signalé, et interprété comme la cause principale de l'exode massif d’oiseaux observé.

L'intensification de l'utilisation des terres par l’Homme et l'urbanisation croissante de ces dernières décennies a conduit à une pénurie alimentaire structurelle, surtout en hiver, pour les oiseaux granivores et frugivores.


De plus, cette année, dans le nord de l’Europe, le faible stock de baies est extrêmement alarmant.

 

De plus, il ya un exode massif des oiseaux en difficulté au-dessus de la mer du Nord.  Beaucoup sont épuisés et se noient dans la mer.  De nombreux pêcheurs et marins sont témoin de la catastrophe, et leurs bateaux sont utilisés comme radeau de sauvetage inespéré.  Beaucoup d’oiseaux crient famine et viennent frapper à nos fenêtres.

 

Natuurpunt lance un appel à la population.  Avez-vous des pommes, des céréales ou des noix en stock: une foule d’oiseaux affamés vous attend.  Achetez des sacs de nourriture pour oiseaux chez les détaillants.  Parce que ce sera nécessaire dans les semaines et mois à venir.  Le message est de varier vos choix de graines, de baies, de fruits.  Les oiseaux vous demandent de l'aide.

 

Nous attendons de voir comment la situation évoluera dans les jardins pendant les comptages oiseaux des jardins organisés par Natuurpunt , et son correspondant francophone, Natagora, les 2 et 3 Février 2013.

Ce message est bien sûr valable pour l’ensemble de la Belgique et pour les pays voisins.

 

Jacques

18/11/2012


18/11/2012
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LES OISEAUX ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les oiseaux et les changements climatiques

 

Ce texte est inspiré d’un article paru sur le forum Yahoo et le site OiseauxEthologie  (André Boussart, juin 2007  -  source Ornithomedia).

 

Introduction

La plupart des spécialistes considèrent désormais que la concentration accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère du fait, entre autres, des activités humaines, est partiellement responsable d'une élévation rapide de la température moyenne de la terre, soit +0,74°C de 1906 à 2005.

 

Les projections des modèles climatiques présentées dans le dernier rapport du GIEC (Grooupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)  indiquent que la température de la surface du globe  est susceptible d'augmenter de 1,1 à 6,4 °C supplémentaires au cours du 21ième siècle (source Wikipedia)

 

Comme beaucoup d’autres espèces vivantes, les oiseaux sont des indicateurs des changements climatiques en cours sur la Terre.  On constate qu’ils migrent et pondent parfois plus tôt que dans le passé. De plus, leurs aires de répartition, leurs habitats et leurs migrations se modifient.

 

Même si les conséquences exactes de ces changements du climat sont encore difficiles à apprécier du fait de notre manque de recul, les premiers résultats des observations et des recherches semblent inquiétants.

 


L'impact sur les aires de distribution

Le réchauffement climatique a bien entendu un impact sur les répartitions de nombreuses espèces dans le monde.  On estime ainsi que la modification du climat a déjà impacté la phénologie et la répartition de presque 500 espèces d'oiseaux.

Aux Etats-Unis, le Troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus) absent lors des recensements nationaux de Noël, avant 1972, est devenu régulier depuis 1991, avec des effectifs en forte hausse y compris dans des régions froides en hiver.

Les hivers plus doux et le début précoce du printemps ont par ailleurs incité plusieurs espèces à nicher de plus en plus au Nord de leurs zones d’habitats habituels.  D’une manière générale, on constate aussi une redistribution des espèces dans une région donnée par des espèces plus méridionales.

En France, on constate l’extension de l'aire de répartition du Guêpier d'Europe (Merops apiaster) dans le Nord de la France.   Il en est de même pour le Héron garde bœufs (Bubulcus ibis) qui niche en Picardie.

 

Mais si ces changements semblent positifs pour certaines espèces, ce n'est pas le cas pour d'autres, comme le Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis).  Cette espèce, qui vit dans les forêts de montagnes et boréales des Etats-Unis et du Canada, voit ses réserves de nourriture pour l’hiver, qu'il cache sous l'écorce des arbres, pourrir de plus en plus fréquemment à cause des températures élevées dans son aire de nidification. Comme ces réserves servent également à nourrir les petits au début du printemps, l'impact de cette perte de nourriture est important.   Il en résulte une forte baisse de la population de cet oiseau.

 

Le changement climatique provoque également des changements négatifs sur les des distributions de certains habitats naturels cruciaux pour certaines espèces.  La montée du niveau des eaux engendrée par la hausse des températures (environ 20 cm depuis 1880) pourraient engloutir des zones humides côtières importantes pour les limicoles et autres migrateurs.

En d’autres endroits, l'assèchement des zones humides a des effets négatifs sur les effectifs de certains animaux.

 

L'impact sur les migrations

Le réchauffement climatique a également des effets sur les oiseaux voyagent entre plusieurs régions du monde, notamment sur de longs trajets.  La désertification devrait augmenter la surface des zones désertiques, rendant les voies de migration les traversant plus difficiles.

 

On constate que certains oiseaux migrateurs reviennent de plus en plus tôt et repartent parfois plus tard, voire changent complètement leurs habitudes.  Ils écourtent leur migration en faisant l'impasse sur la traversée du Sahara et hivernent sur le pourtour méditerranéen ou le long des côtes atlantiques. Certains migrateurs transsahariens, comme la Cigogne blanche (Ciconia ciconia), le Milan noir (Milvus migrans), l'Echasse blanche (Himantopus himantopus), la Guifette moustac (Chlidonias hybridus) et même parfois les hirondelles, commencent à hiverner en petit nombre au sud de la France.  De plus en plus de Grues cendrées (Grus grus) hivernent désormais en Europe centrale

La synchronisation entre la disponibilité en nourriture et le retour de la migration de printemps est bien entendu essentielle pour le succès de la reproduction.   Sa modification peut entraîner des pertes d’effectifs de certains oiseaux.

Des scientifiques hollandais ont mis en évidence que les Gobemouches noirs (Ficedula hypoleuca) en Europe souffraient d'une diminution de la quantité de chenilles disponibles au printemps.

Il semble aussi que des espèces sédentaires profiteront du réchauffement climatique au détriment des migrateurs.  Ils bénéficieront en effet d'hivers plus cléments, et pourront davantage profiter des sources de nourriture que les migrateurs, qui reviendront trop tard pour choisir les meilleurs sites de nidification, déjà occupés par des résidents.

Ainsi, les espèces insectivores, et toutes celles qui ont une alimentation spécifique, comme les pies-grièches, seront beaucoup plus menacées que les espèces généralistes comme les corvidés.

 

Mais si certaines espèces ne semblent pas avoir ajusté leur date de retour, ce n'est pas le cas pour d'autres, qui arrivent depuis quelques années quelques jours plus tôt. En Franche-Comté, la LPO a comparé les dates des retours printaniers de 25 espèces de migrateurs entre 1980 et 2003, mettant en évidence des avancées des dates de migration significatives. Ainsi le Martinet noir (Apus apus) revient-il d'Afrique du Sud une vingtaine de jours plus tôt qu'il y a 23 ans et le Coucou gris (Cuculus canorus) quinze jours plus tôt.

Mais comment ces espèces font-elles pour tenir compte des modifications des températures de printemps, alors qu'elles sont encore dans leurs zones d'hivernage ? Il existe plusieurs hypothèses plausibles, comme l'expérience acquise des années précédentes, des changements climatiques sur les sites d'hivernage, des conditions de trajet plus faciles et donc un voyage plus rapide...

Certaines espèces vont donc modifier leur comportement migratoire, ce qui peut se produire en quelques générations. Déjà, plusieurs populations de migrateurs sur des distances moyennes, comme l'Alouette des champs (Alauda arvensis), le Pouillot véloce (Phylloscopus collybita) ou la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) ont cessé de migrer durant les 25 dernières années.


Conclusions

Ce changement climatique récent est différent de ceux que la Terre a déjà connus car il est plus rapide, et il a peu de chance d'être réversible naturellement.  Il affecte toute la diversité biologique, de l'individu à l'écosystème.
Au niveau d'une espèce, il peut affecter sa distribution, son abondance, son comportement, sa phénologie (cycles migratoires), sa morphologie (taille et forme) et sa génétique en jouant sur la sélection..
Il peut agir directement et indirectement, en augmentant la compétition, la prédation, le parasitage, en favorisant les maladies et les perturbations (feux, orages).  II aggrave d'autres phénomènes déjà perturbants comme les invasions d'espèces exotiques, l'urbanisation et les défrichements agricoles.

La situation n'apparaît donc pas très réjouissante, en tout cas pour certaines espèces. Heureusement, une prise de conscience mondiale semble émerger de la part d'associations, de particuliers et même de gouvernements, le phénomène du réchauffement étant désormais reconnu par la quasi-totalité des scientifiques.
De nouvelles études sont réalisées sur la biologie des oiseaux, sur la protection des habitats, des campagnes de sensibilisation sur le réchauffement climatique sont menées et des mesures d'économie d'énergie sont encouragées.

Comme le dirait un grand homme politique belge : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps »

 

Jacques

27/10/2012


27/10/2012
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Les changements climatiques et leurs conséquences

 

 

Article du 9/01/2012 de la revue UNIVERS NATURE http://www.univers-nature.com/

 

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LEURS EFFETS

 

Les oiseaux et papillons déménagent en fonction du thermomètre
Menée par des chercheurs européens, notamment issus du CNRS de Montpellier et du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, une étude s'est intéressée à l'impact du changement climatique sur quelque 9490 communautés d'oiseaux et 2130 communautés de papillons.
Parus dans la revue « Nature Climate Change », ces travaux montrent que les changements climatiques entraînent une réorganisation tout à la fois rapide et profonde de la composition de la faune en Europe.   Mais s’il y a adaptation, on note, toutefois, de forts décalages dans la réponse selon les groupes d’espèces étudiés.

En Europe, les températures ont augmenté de 1°C en 20 ans.   Cette élévation a eu pour conséquence de « décaler » les températures de 249 km vers le Nord.
Pour s’adapter à cette tendance, les papillons se sont également déplacés vers le Nord, mais ont accumulé un « retard » de près de 135 km sur les températures.   Ce décalage est encore plus marqué chez les oiseaux, lesquels totalisent 212 km de retard.
Jugeant ces observations inquiétantes, les chercheurs y voient le présage de profonds changements dans les réseaux d’interactions entre espèces et entre groupes.
Cécile Cassier
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4976

 

Jacques Schwers

25/01/2012

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25/01/2012
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