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Le nourrissage des oiseaux

Le nourrissage des oiseaux

 

 Guillaume Leblanc et le nourrissage du Milan royal en Lorraine

Photographie : Simon Q. Wikimedia Commons

 

En Grande Bretagne, des centaines de particuliers déposent de la viande dans leur jardin pour nourrir les Milans royaux, réintroduits dans les Chilterns Hills, dans le sud-est de l’Angleterre.

 

Le Milan royal (Milvus milvus) est un rapace diurne de taille moyenne, d’une envergure de 145 à 165 centimètres, à la longue queue fourchue.

Il ressemble au Milan noir (Milvus migrans), plus répandu, mais il s'en distingue par son plumage plus clair, sa coloration plus contrastée (queue rousse et marques alaires blanches).  Sa queue nettement plus échancrée, sa taille supérieure et son vol plus souple.

C'est une espèce dont la distribution mondiale est presque exclusivement européenne.

Il y a encore vingt ans, le Milan royal était un rapace commun, mais il est aujourd'hui gravement menacé. Les causes de son déclin sont multiples : l’agriculture plus intensive, les empoisonnements par les pesticides, la fermeture des décharges, les tirs, et les lignes électriques.

Dans le cadre d'un plan national de restauration de l'espèce en France, l'association Lorraine Association Nature (LOANA) a installé en août 2010 à Pagny La-blanche-côte (Meuse) une placette d'alimentation pour favoriser la nidification et l'hivernage du Milan royal en Lorraine.

 

En Grande Bretagne, près de 50 % des britanniques nourrissent les oiseaux dans leur jardin, généralement en leur donnant des graines.  Cette pratique est courante chez nous en Belgique en période hivernale.

 

Mais dans le sud-est du Royaume-Uni, dans la région des Chilterns Hills, des particuliers donnent aussi de la viande aux Milans royaux (Milvus milvus) réintroduits à partir de 1989 dans cette région calcaire.

(voir le site web du Southern England Kite Group –

//www.sekg.org.uk/)

 

10 % des habitants des Chilterns Hills nourriraient ces rapaces en déposant de façon irrégulière de la viande ou de petites carcasses, en petites quantités (moins d'un kilogramme à chaque fois).

 

La RSPB (Royal Society for protection of birds) et le Chilterns Conservation Board avaient pourtant déconseillé aux habitants de nourrir ces rapaces, précisant que les milans étaient sauvages, qu'ils pouvaient trouver eux-mêmes leur nourriture.  De plus, cette distribution provoquerait une surpopulation locale.

D'autre part, la viande donnée, qui est souvent cuite, serait peu intéressante d’un point de vue nutritionnel.  Le sel qu’elle contient parfois est néfaste, et l'absence de calcium poserait un problème osseux pour les jeunes oiseaux.

Enfin, en sédentarisant les milans dans les Chilterns Hills, on empêcherait les Milans de coloniser de nouvelles zones.

Pour mieux comprendre le phénomène, des chercheurs de l'université de Reading ont mené une étude au niveau national.

Ils ont distribué un questionnaire, également disponible en ligne, entre octobre 2011 et juillet 2012 qui abordait plusieurs points :

-      la fréquence de leur nourrissage

-      le type de nourriture donné

-      la quantité de viande mangée par les milans

-      et les motivations des personnes.

 

Ils ont reçu les réponses de 108 personnes nourrissant les milans et de 21 autres les ayant déjà nourris dans le passé.

La plupart des réponses provenaient d’habitants vivant dans les Chilterns Hills.

97 % d’entre eux nourrissaient tous les oiseaux, et pas seulement les milans, et 77 % voyaient ces rapaces plus d'une fois par jour.

 

Le poulet était l'aliment le plus fréquemment distribué (74 % des cas), suivi du boeuf, de l'agneau ou du porc (48 %).  80 % des portions pesaient moins de 400 grammes.

Les chercheurs ont calculé que la ration moyenne consommée par milan et par jardin n’était que de 21 grammes.

C’est faible, mais la quantité totale distribuée serait en fait considérable si l’on considère le nombre de personnes concernées (près de 4 350, rien que pour l’agglomération de Reading).

 

Les principales motivations des personnes étaient de voir les milans  de plus près (62 % des réponses), de contribuer à leur protection (48 %) et de  les photographier (29 %).

 

Cet apport artificiel de nourriture ne poserait a priori pas de graves problèmes, le Milan royal étant généraliste et opportuniste.

 

Rappelons toutefois qu’en Espagne, la fermeture des stations de nourrissage suite à l'épidémie d'Encéphalite Spongiforme Bovine (ESB) (ou "maladie de la vache folle") avaient fortement déstabilisé les rapaces nécrophages.  Rappelez-vous, à cette époque, on avait repéré des vautours fauves dans le ciel belge.

Notons qu'en France, des placettes de nourrissage ont été mise en place pour le Milan royal (lire Guillaume Leblanc et le nourrissage du Milan royal en Lorraine).  //www.ornithomedia.com/magazine/interviews/guillaume-leblanc-nourrissage-milan-royal-lorraine-00825.html

 

Je vous suggère de regarder une vidéo KriShades, montrant le Milan royal (Milvus milvus) récupérant de la nourriture dans un jardin dans le sud-est de l'Angleterre : //www.youtube.com/watch?v=hq8frJvPPCI

 

 

Je me suis inspiré, pour cet article, de différents articles du site Ornithomedia, que je vous suggère de consulter.

//www.ornithomedia.com/breves/certains-britanniques-nourrissent-milans-royaux-dans-leur-jardin-01348.html

 

Guillaume Leblanc et le nourrissage du Milan royal en Lorraine

//www.ornithomedia.com/magazine/interviews/guillaume-leblanc-nourrissage-milan-royal-lorraine-00825.html

 

Un nouveau décret royal important pour les vautours, en Belgique :

//www.ornithomedia.com/magazine/analyses/vautours-affames-belgique-decret-royal-mouvements-00770.html

 

Les mouvements de vautours dans le nord de l'Europe sont naturels

Source

//www.ornithomedia.com/magazine/analyses/mouvements-vautours-dans-nord-europe-sont-naturels-00771.html

 

Melanie E. Orros et Mark D. E. Fellowes (2014). Supplementary feeding of the reintroduced Red Kite Milvus milvus in UK gardens. Bird Study. Volume 61, numéro 2. www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00063657.2014.885491#.U5IMaHaVPXQ

 

Chez nous, en Belgique, il est recommandé de ne nourrir les oiseaux que durant la période hivernale, quand la nourriture vient à manquer.

Il est recommandé également de ne pas donner de pain aux oiseaux d’eau.

Ce pain ne contient plus guère de nutriments utiles.

De plus, il gonfle dans l’estomac, ce qui fait que les oiseaux mangent de moins grandes quantités, et risquent de dépérir.

Enfin, ce pain pourrit dans l’eau, et favorise l’apparition d’algues vertes hautement toxiques.

 

Jacques SCHWERS

Le 20 juillet 2014

 



20/07/2014
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