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Le silence du grand orchestre de la nature

Chaque organisme vivant, du plus petit au plus grand, a sa propre signature acoustique.  Elle peut être produite vocalement, mais aussi par stridulation ou par grincement des dents comme chez le poisson-perroquet.

Certains, comme les cétacés, émettent des signaux dont l'intensité, s'ils étaient produits dans l'air, serait de plus de 100 décibels.

Proportionnellement au poids, l'un des êtres vivants les plus bruyants du règne animal est la crevette pistolet, longue de quatre centimètres.  Sa puissance sonore est neuf fois supérieure à celle d'un orchestre symphonique.

Elément surprenant, les animaux peuvent adapter leurs comportements acoustiques.  Certains oiseaux ont de parfaits talents d’imitateurs.  Les orques imitent l'aboiement des otaries pour les attirer et les dévorer.  Des papillons de nuit brouillent les signaux d'écholocation des chauves-souris.

Quel que soit l'objectif d'un signal - défense du territoire, recherche d’un partenaire, chasse, jeu – il doit être audible à distance et sans interférences.

 

Pourquoi parler d’un grand orchestre animal ?

La nature vit en harmonie acoustique.  Chaque biotope, savane, forêt tempérée ou tropicale, génère sa propre signature acoustique, qui est une expression organisée et immédiate de ses occupants.  Les différentes espèces se partagent la largeur de bande acoustique aussi bien sur la fréquence que sur la plage horaire.

On constate que, depuis 50 ans, près de 50% de cette harmonie sonore est désormais si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus aujourd'hui sous leur forme d'origine.  A cela, il faut ajouter l’influence de l’Homme qui détruit de grandes zones de nature pour ses extractions minières et ses exploitations forestières, sans oublier l'étalement urbain et la pollution.  De plus, en noyant les sons naturels sous notre cacophonie humaine (les bruits d’avions, d’autos, des usines, les émissions des sonars), l’Homme perturbe ou détruisons la nature elle-même.

Pour lutter contre cette mise à mal du grand orchestre de la nature, Le mieux serait de mettre un terme à la consommation effrénée de produits dont personne n'a véritablement besoin.  Il faudrait installer une écologie du paysage sonore, qui permettrait de mieux appréhender le phénomène.

Certains scientifiques reconnaissent l'intérêt d'étudier les paysages sonores naturels holistiques plutôt qu’au départ de simples enregistrements de chaque espèce.

L'écologie du paysage sonore se révèle, elle, un excellent outil diagnostique pour évaluer l'état de santé des divers habitats naturels et mesurer, entre autres, l'impact d'événements tels que le réchauffement climatique.

Il est plus que temps d’agir.

 

Cet article est inspiré d’un extrait d’une interview par Marie-Béatrice Baudet du journal Le Monde de l'Américain Bernie Krause, 74 ans, musicien et l'une des figures emblématiques de la musique électronique.  Il a enregistré également des musiques  de films.  Cet amoureux des sons et de la nature, devenu docteur en bioacoustique, a inventé le terme biophonie, c’est-à-dire les sons émis par les organismes vivants.

 

 

 

Jacques

12 avril 2013



12/04/2013
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