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Les chouettes sont-elles "intelligentes" ?

Les chouettes sont-elles "intelligentes" ?

 

Les chouettes ont un cerveau développé et des chercheurs ont voulu tester certaines de leurs capacités cognitives.  Les résultats indiquent que, à l’inverse d’autres oiseaux, elles n’arrivent pas à résoudre des problèmes simples qui leurs sont posés.

 

Corneille20140126js27w.JPG(C) photo js

On définit «l’intelligence» des animaux par leur capacité à résoudre des problèmes plus ou moins simples.

 

Pour arriver à mesurer cette «intelligence», on les soumet à une série de tests pouvant être résolus rapidement, sans apprentissage préalable

J’ai déjà introduit ce problème il y a quelque semaines.

http://www.jacques-ornitho.be/le-corbeau-intelligent-comme-un-enfant-de-cinq-ans

 

Le test dit «de la corde» (string-pulling) est largement utilisé.  Pour récupérer une "friandise" fixée à l’extrémité d’une cordelette, le sujet doit la tirer vers lui.

Ce test a déjà été mené sur des Corvidés (corneilles), des Psittacidés (perroquets) et des passereaux (mésanges, chardonnerets, tarins, etc.).

 

Dans la nature, on cite, entre autres, l’exemple de corneilles profitant de la circulation routière, à un feu de signalisation, pour faire écraser leurs noix et les déguster.

 

En général, les oiseaux au cerveau le plus développé arrivent à comprendre le lien physique existant entre la corde et l'appât.

Les Strigidés (hiboux et chouettes) ont, eux aussi, un cerveau complexe, mais leurs capacités cognitives n'avaient jamais été testées.

 

Des chercheurs de l'université de Moscou ont soumis des Chouettes lapones (Strix nebulosa) à deux tests pour vérifier si elles comprenaient la relation entre le fait de tirer sur une cordelette et celui de récupérer l'appât attaché à son extrémité.

 

Les expériences ont été menées dans le centre d'élevage "Vitasphera" situé près de Moscou.

Douze Chouettes lapones âgées d'au moins trois ans ont été rassemblées.

Leur ration journalière normale était composée de vitamines et de six ou sept poussins de poulets (morts) âgés d'un jour.

 

Dans l’expérience, des cadavres de poussins ont été attachés à une corde.

Les chouettes n'avaient jamais été soumises préalablement à des tests cognitifs.

Chaque oiseau a été marqué avec de la peinture non toxique pour pouvoir être identifié.

 

Les sujets ont été placés dans des volières munies d'un perchoir.

Une boîte composée de trois faces opaques et d'une transparente (en verre) était fixée le long d'une des parois de la volière à 1m30 mètre du sol.  La face transparente était libre à sa base afin de laisser dépasser le bout d'une cordelette dont l'autre extrémité était fixée à un appât.

 

L'expérimentateur vérifiait toutes les heures si certains appâts avaient été récupérés par les chouettes et il replaçait alors un nouveau cadavre de poussin.

Les oiseaux ont été filmés.  Les tests ont été menés quotidiennement en fin de journée.

Deux types de tests ont été réalisés, successivement.

Le premier, avec cordelette unique (avec sa «friandise»)

L’autre, avec deux cordelettes, dont une seule est munie de la «friandise».

Ce test servait à vérifier si les oiseaux réussissaient à percevoir l'existence d'un lien physique entre la cordelette et l'appât.

 

Ce protocole expérimental a été approuvé par le Comité de bioéthique de l'Université de Moscou.

 

Les résultats

Les chouettes prenaient beaucoup de temps pour faire ces tests.

Le nombre d'essais par oiseau et par jour variait entre deux et quatre.

 

Test de la corde unique :

Six chouettes sur douze (50%), placées dans la volière collective, ont réussi ce test.

Une fois placées dans des volières individuelles, cinq chouettes sur six (83%) ont réussi nouveau ce test.

 

Test des deux cordes :

Un seul oiseau, sur cinq (20%) a réussi plus d'une fois à choisir la bonne cordelette, celle qui était attachée à un appât.

Les quatre autres ont parfois aussi récupéré le poussin sans que l'on puisse écarter le fait qu'il s'agisse d’un hasard.

 

Ces résultats montrent que les Chouettes lapones ne réussissent pas à établir avec certitude l'existence d'une liaison physique entre la cordelette et l'appât.

Seul, un oiseau a réussi le test des deux cordes, et il suivait une technique simple : il saisissait la corde dont l'extrémité était la plus près possible du poussin.

 

Lors d'études précédentes, des Amazones à front bleu (Amazona aestiva) n'avaient pas non plus réussi le test des deux cordes.

La Corneille mantelée (Corvus cornix) et l’Ara de Lear (Anodorhynchus, leari) et l’Ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus) l'avaient réussi avec succès.

Chez les Chouettes lapones, il existait de fortes disparités entre individus.

Certaines faisaient preuve d’inventivité pour arriver à leurs fins.

Le Nestor kéa (Nestor notabilis), la Corneille mantelée (Corvus cornix) et le Toui à lunettes (Forpus conspicillatus) faisaient aussi preuve d'inventivité quand ils étaient soumis à ce test.

 

Les Chouettes lapones ont un cerveau complexe et elles étaient, a priori, capables de résoudre ces tests, mais cela n'a pas été le cas.  Elles n'ont pas compris qu'il fallait tirer sur la corde (= le moyen) pour manger le poussin (= la fin).

D'autres expériences sont nécessaires pour évaluer plus précisément les capacités cognitives des Strigidés.

 

Références originales :

T.A. Obozova et Z.A. Zorina (2013). Do Great Grey Owls Comprehend Means–end Relationships? International Journal of Comparative Psychology (26). Pages : 197-201.

http://escholarship.org/uc/item/4p1405mv

 

Cet article est inspiré du site Ornithomedia, que je vous invite à consulter pour plus de détails.

http://www.ornithomedia.com/magazine/etudes/chouettes-sont-elles-aussi-intelligentes-que-corbeaux-perroquets-01323.html

 

Jacques Schwers

Le 2 juin 2014

 



02/06/2014
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